Marcel G. Cohen de Mehrez
Marcel G. Cohen de Mehrez · Économie & affaires
Marcel George Cohen — Marcel George Cohen de Mehrez dans les registres français, vieux nom composé d'une lignée de Cohen — naît le 30 septembre 1949 à Oujda, dans l'est du Maroc, dans une famille juive marocaine, et construit sa vie en France ; sa fiche paraît ici en hommage personnel, ses faits de famille confiés à cet annuaire par les siens.
30 septembre 1949, Oujda, Maroc
Oujda, Paris
Le nom et les origines
Marcel George Cohen — Marcel George Cohen de Mehrez dans les registres français, l'ancien nom composé d'une lignée Cohen — est né le 30 septembre 1949 à Oujda, dans l'est du Maroc, dans une famille juive marocaine. Commerçant à quatorze ans, avec un magasin de vêtements au Maroc, il arrive en France en 1971, à vingt et un ans, comme il l'a raconté à la presse entrepreneuriale. Sa fiche figure dans cet annuaire comme un hommage personnel : ses faits familiaux ont été confiés au site par les siens.
Le père, Henri Cohen
Marcel George Cohen a dédié sa Légion d'Honneur à son père. Henri Cohen, né en 1915 à Debdou, au Maroc, a présidé trente-cinq années durant la communauté israélite d'Oujda et de sa région, et fut fait Chevalier de l'Ordre National du Mérite en 1984 — « pour son altruisme et son abnégation », dit son fils dans le discours qu'il prononce en recevant sa propre croix. Sa vie durant, raconte-t-il à l'assistance, son père a offert son temps et son aide à tous, « de quelque couleur, race ou religion qu'ils aient été » ; lui-même l'a secondé dès son plus jeune âge.
Sa mère, Émélie, a élevé dix enfants. Des deux lui vient, dit-il, ce « code moral » où il puise le goût de l'effort et le respect de la parole donnée, et la « triple culture franco-judéo-marocaine » dont il tire son énergie. « Je n'oublierai jamais d'où je viens », ajoute-t-il.
Adam & Eve, à quatorze ans
À quatorze ans, on lui confie la responsabilité d'Adam & Eve, un commerce de vêtements d'Oujda qui importait alors pour tout le Maroc les plus prestigieuses marques françaises ; il s'en occupe seul jusqu'à vingt ans. Nicolas Sarkozy s'en amuse en 2006 : « il faudrait que vous nous expliquiez quelles sont les qualités à 14 ans ». Le général Bernard Thorette, en le décorant en 2014, y voit une première vie de travail, vécue au Maroc jusqu'en 1971.
La foire de Canton
Arrivé en France, il part, selon son mot, « à la conquête de l'Asie », sans moyens ni recommandations. Il veut se rendre à la foire de Canton, fenêtre commerciale de la Chine sur l'étranger depuis 1957 et qui s'ouvre alors plus largement à l'Occident ; il passe, raconte-t-il, des journées entières à l'ambassade de Chine jusqu'à ce qu'on lui accorde le visa. Il profite du voyage pour parcourir l'Asie pendant trois mois — Hong Kong, Séoul, Tokyo, Taïwan, Jakarta, Bombay — à la recherche de marchés, et y découvre un monde qu'il dit « incroyablement réactif, compétitif, créatif », et lui-même en quête d'ouvertures vers l'Occident. Suivront l'Italie, la Roumanie, l'Inde et le Pakistan, pour le textile.
Une boutique de quatre mètres carrés
Ancien vendeur de vêtements, il ouvre en 1981 une boutique de quatre mètres carrés à l'angle du passage de l'Industrie et du boulevard de Strasbourg, dans le dixième arrondissement de Paris, où il vend des produits capillaires aux professionnels ; après un voyage aux États-Unis où il découvre les produits conçus pour les cheveux noirs, il se tourne vers la beauté ethnique, et ce choix devient l'affaire de sa vie. Le déclic, raconte-t-il, lui vient dans l'avion du retour, en feuilletant un numéro d'Ebony entièrement consacré à la beauté noire et métissée.
Personne n'y croyait ; la queue se formait une heure avant l'ouverture, et il tint à confier le magasin à une responsable africaine, ce qui, dit-il, ne se faisait guère à l'époque. « C'est moi qui ai fait le boulevard de Strasbourg », a-t-il coutume de dire — la presse qui a arpenté le quartier en 2015 le présente comme le pionnier de la cosmétique afro à Paris, boutique après boutique autour de Château-d'Eau.
MGC International
La maison qu'il lance sur ce choix en 1981 et fait immatriculer en 1982, MGC International, devient le leader français de la cosmétique ethnique — « le n°1 de la beauté cosmopolite », comme l'écrit la maison elle-même après trente-sept ans — avec douze points de vente à Paris, une marque propre distribuée dans quelque 1 500 boutiques françaises et une présence que la presse entrepreneuriale chiffre à 88 pays, l'Afrique représentant la moitié des exportations et la maison comptant quarante-cinq collaborateurs en 2014.
Une école de commerce fait de l'entreprise un cas d'école, présentant son fondateur comme l'image même du self-made man. En octobre 2018, en fermant ses magasins — ceux du boulevard de Strasbourg comme celui de la rue de Rennes, la maison prend congé de ses clients par une lettre rappelant ces trente-sept années de succès.
Une maison de famille
MGC était, selon le titre de la presse qui l'a visitée, une vraie famille qui grandit. Son fils Yohann en fut le directeur général, son fils Kevin le directeur général adjoint, son fils Norman dirigea la maison d'export, sa fille Laura rejoignit la maison à la communication, et l'entreprise est aujourd'hui présidée par Padremar, la holding familiale qui réunit ses cinq enfants — Yohann, Kevin, Jordan, Norman et Laura.
L'informatique et les télécoms
La cosmétique ne le retient pas tout entier. Dès les années 1990, il investit dans l'informatique et les télécommunications, et de cet investissement naissent deux sociétés, raconte-t-il : l'une dans les télécoms, l'autre une société de services informatiques qui comptait huit cents ingénieurs et fut introduite à la Bourse de Paris en avril 2000. Invité à résumer cinquante années d'activité, il choisit une formule qui en dit toute l'amplitude : « du marché de Dakar à la Bourse de Paris, du coucou des Caraïbes au Concorde à New York, du français au langage des mains pour communiquer ».
Les sociétés immobilières
À côté de la maison de cosmétiques, les registres français recensent une vingtaine de sociétés immobilières sous sa direction.
L'engagement
« Marcel n'est pas que ce brillant entrepreneur pour mériter la reconnaissance de la Nation », dit le général Thorette en lui remettant la croix. Sur les traces de son père, il a porté son engagement à la Fédération internationale des droits de l'homme, à la Fédération abolitionniste internationale, auprès de diverses œuvres caritatives, et auprès des familles marocaines qui s'installent en France. Nicolas Sarkozy l'avait dit en 2006 : depuis son arrivée, d'abord aux côtés de son père puis seul, il a œuvré à l'insertion en France de familles franco-marocaines de toutes confessions — des gens, ajoutait le ministre, qui ne sont pas déracinés mais ont « le cœur des deux côtés de la Méditerranée ».
Les décorations
Par décret du président de la République du 18 avril 2014, publié au Journal officiel du 20 avril, il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur sur la liste du Ministère des Affaires étrangères — « M. Cohen (Marcel, George), président d'une société de produits cosmétiques ethniques ; 44 ans de services », dit la ligne — pour prendre rang du 5 décembre 2014, comme le consigne son brevet. Il avait été fait Chevalier de l'Ordre National du Mérite par le brevet signé à Paris le 14 novembre 2005.
Les deux brevets encadrés, chacun portant son insigne — ruban rouge de la Légion, ruban bleu du Mérite —, sont photographiés dans la galerie média de cette fiche. Sa famille consigne pour cette fiche les deux remises : l'insigne du Mérite lui a été remis par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, au ministère de l'Intérieur ; celui de la Légion d'Honneur par le général d'armée Bernard Thorette, ancien chef d'état-major de l'armée de Terre, à l'Hôtel des Invalides à Paris.
Les deux remises
Le 24 mai 2006, à l'Hôtel de Beauvau, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, lui remet l'insigne de l'Ordre National du Mérite et en fait une leçon de République : « On peut être fidèle à ses racines et être tourné vers les autres […]. La République, ce n'est pas de renoncer à ce que l'on est avant de rentrer, c'est d'entrer tel que l'on est, d'être accepté tel que l'on est, d'accepter les valeurs de la République, et d'additionner au creuset républicain sa part d'identité, pas de la renier. » Le 5 décembre 2014, dans le Grand Salon du musée de l'Armée, aux Invalides, le général d'armée Bernard Thorette lui remet la Légion d'Honneur et rappelle que l'accolade n'a rien d'une embrassade : elle est ce que douze siècles d'histoire de France ont gardé de l'adoubement des chevaliers du Moyen Âge.
Les deux hommes sont nés au Maroc — Marcel George Cohen à Oujda, le général à Port-Lyautey, devenue Kénitra. Les trois discours de ces deux journées ont été confiés à cet annuaire par la famille.
Photographies, coupures de presse et films réunis pour cet hommage. Chacun porte sa source et sa date.
Documents publiés à la demande expresse de la famille, qui les a fournis ou autorisés.
Vérifiez et approfondissez avec ces références externes.
Source : JORF ; CCMP ; Dynamique Mag ; Widoobiz ; Annuaire des entreprises ; famille
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Marcel George Cohen — Marcel George Cohen de Mehrez dans les registres français, vieux nom composé d'une lignée de Cohen — naît le 30 septembre 1949 à Oujda, dans l'est du Maroc, dans une famille juive marocaine, et construit sa vie en France ; sa fiche paraît ici en hommage personnel, ses faits de famille confiés à cet annuaire par les siens.
Source : JORF ; CCMP ; Dynamique Mag ; Widoobiz ; Annuaire des entreprises ; famille