Munis Tekinalp
Munis Tekinalp · Philosophie & sciences sociales
Munis Tekinalp naît Moiz Kohen en 1883 à Serrès, en Macédoine ottomane, dans une famille juive orthodoxe, et est formé à l'école normale israélite de Salonique, où il est ordonné rabbin sans jamais exercer ; il ne se convertit pas formellement à l'islam et resta juif de religion tout en prenant un nom turc et en devenant l'avocat juif le plus articulé du nationalisme turc.
1883, Serrès (Macédoine ottomane) — 1961, Nice
Empire ottoman, Turquie, France
Origines et jeunesse
Munis Tekinalp naît Moiz Kohen en 1883 à Serrès, en Macédoine ottomane, dans une famille juive orthodoxe, et est formé à l'école normale israélite de Salonique, où il est ordonné rabbin sans jamais exercer ; il ne se convertit pas formellement à l'islam et resta juif de religion tout en prenant un nom turc et en devenant l'avocat juif le plus articulé du nationalisme turc.
Travail et carrière
Il étudie le droit, travaille comme économiste et journaliste, et traverse successivement les trois doctrines de son temps : l'ottomanisme avant 1908, le panturquisme pendant la Première Guerre mondiale, et après 1923 le kémalisme, dont il devient le premier théoricien civil. Cette fiche dit nettement la part contestée de son œuvre, qu'un annuaire des contributions ne doit pas adoucir : sa brochure Türkleştirme (Turquification, 1928) énonçait dix commandements par lesquels les minorités de Turquie — sa propre communauté juive comprise — devaient abandonner leurs langues, leurs noms et leurs institutions propres pour se fondre dans la nation turque, et il fit campagne pour le mot d'ordre « Citoyen, parle turc !
» qui pressait les juifs judéo-espagnols de renoncer à leur langue. Il croyait l'assimilation le prix de la sécurité et de la citoyenneté égale ; beaucoup dans sa communauté n'en pensaient pas autant alors, et les historiens en discutent les effets aujourd'hui. Son Kémalisme, publié en français en 1936 avec une préface d'Édouard Herriot, fut le premier exposé systématique de l'idéologie du nouvel État turc offert aux lecteurs européens, et il écrivit abondamment sur l'économie et sur la réforme de la langue turque.
Il avait participé dans sa jeunesse au Congrès sioniste mondial, paradoxe que son biographe Jacob Landau examine longuement. Il quitte la Turquie et meurt à Nice en 1961.
Vérifiez et approfondissez avec ces références externes.
Source : Jacob M. Landau, Tekinalp, Turkish Patriot 1883-1961 (1984) ; Encyclopaedia Judaica ; Rifat Bali, Les Relations entre Turcs et Juifs dans la Turquie moderne
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Munis Tekinalp naît Moiz Kohen en 1883 à Serrès, en Macédoine ottomane, dans une famille juive orthodoxe, et est formé à l'école normale israélite de Salonique, où il est ordonné rabbin sans jamais exercer ; il ne se convertit pas formellement à l'islam et resta juif de religion tout en prenant un nom turc et en devenant l'avocat juif le plus articulé du nationalisme turc.
Source : Jacob M. Landau, Tekinalp, Turkish Patriot 1883-1961 (1984) ; Encyclopaedia Judaica ; Rifat Bali, Les Relations entre Turcs et Juifs dans la Turquie moderne